Pourquoi le FPR doit partir

  1. Introduction
  2. La vraie nature du FPR : une dictature personnifiée et une terreur pour la population
  3. L’impunité comme source d’instabilité dans la région des Grands Lacs.
  4. Une justice impossible au Rwanda sous le régime FPR
  5. De la mauvaise gestion des ressources économiques
  6. Du non-respect des valeurs démocratiques et des droits et des libertés des citoyens
  7. Préalables pour une paix durable au Rwanda et dans les pays des grands lacs
  8. Conclusion


1. Introduction

La situation tragique du Rwanda est la résultante de toute une histoire politique et sociale marquée par des inégalités, des frustrations, des rivalités, des divisions aussi bien ethniques que régionales, etc. C’est ce qui a entraîné le peuple rwandais à vivre des moments dramatiques qui ont atteint le paroxysme avec le génocide rwandais, corollaire à la guerre d’octobre 1990, qui a décimé plus de 3 millions de personnes, soit un peu plus de 1/3 de la population. Il faut bien que les rwandais reconnaissent et assument cette triste réalité.

L’opposition démocratique rwandaise est convaincue que le génocide et la tragédie rwandaise dans son entièreté tirent leurs racines dans la criminalité étatique et non dans une quelconque prédisposition « innée » des différentes composantes de la société rwandaise à s’entretuer. De ce fait, les démocrates rwandais s’insurgent contre l’exploitation éhontée et cynique du drame de tout
un peuple par le régime du FPR qui assimile tout opposant politique ou tout autre leader d’opinion à un « génocidaire » pour mieux le museler.

Bien que la question ethnique reste une réalité politique, l’opposition démocratique rwandaise estime que c’est surtout la logique tragique de la manipulation de l’ethnie à des fins politiques qu’il faut éradiquer. Réduire la tragédie rwandaise à une rivalité entre la majorité Hutu et la minorité Tutsi, c’est faire cas de confiance naïve de l’homogénéité politique supposée des Hutus ou des Tutsis. L’ethnisme et le régionalisme ne sont pas un produit fatal de l’histoire du Rwanda. Ils sont le résultat de luttes pour le pouvoir entre certaines élites cupides dont la stratégie consiste souvent à instrumentaliser l’appartenance ethnique et/ou régionale des Rwandais pour se maintenir ou
conquérir le pouvoir.

 

2. La vraie nature du FPR : une dictature personnifiée et une terreur pour la population

Lors de son invasion du Rwanda, le Front Patriotique Rwandais (FPR) s’est justifié par deux raisons essentielles : le retour des réfugiés Tutsi et la démocratisation du pays. Or, il est vite apparu que toutes ces raisons n’étaient que des prétextes. En effet, le FPR a choisi d’attaquer le Rwanda au moment où le processus de démocratisation commençait à se mettre en place sous l’impulsion conjuguée des forces politiques de l’intérieur et des pressions extérieures. Nonobstant, les ténors du FPR décidèrent de recourir à la force. Aujourd’hui, il ne subsiste plus aucun doute que la stratégie du FPR était de prendre de vitesse le processus démocratique et de s’emparer de tout le pouvoir par la force, évitant ainsi de devoir affronter l’incertitude du verdict des urnes.

Le Front Patriotique Rwandais s’est emparé du pouvoir par les armes, sans autre base politique. Pour conserver ce pouvoir, il a dû concevoir un plan diabolique visant l’instauration d’un climat de terreur permanent au sein de la population rwandaise qui ne se reconnaît pas dans cette formation militariste. Les massacres systématiques et les diverses exactions dont les populations civiles ont été fréquemment l’objet, font partie intégrante de ce plan macabre.

Les atrocités ci-après commises sur la population civile méritent d’être citées :

  • les massacres sélectifs commis dans les zones de combat entre 1990 et 1994 pendant la campagne militaire de prise du pouvoir, particulièrement dans les régions nord-est du pays (Byumba, Umutara, Kibungo et Bugesera) ;
  • les tueries massives de populations civiles dans toutes les régions du pays au lendemain de la mise en place du 1er gouvernement FPR le 19 juillet 1994, ainsi que l’élimination systématique, par assassinats et emprisonnement, de l’élite politique et sociale d’avant 1994. Le rapport de Monsieur Robert Gersony est à ce sujet assez éloquent. Cet expert, de nationalité américaine, avait été mandaté par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) pour évaluer l’état de la sécurité et du respect des droits de l’homme au Rwanda après la prise du pouvoir par le FPR, soit de juillet à septembre 1994. Son rapport concluait donc que l’armée gouvernementale du FPR avait commis des massacres collectifs à grande échelle à l’encontre des populations civiles innocentes. Ce même rapport a recensé plus de 30.000 victimes d’ethnie hutu massacrées par l’armée du FPR en seulement deux mois dans les régions nord-est du pays (Umutara, Kibungo et Bugesera).
  • les massacres des réfugiés au delà des frontières rwandaises, notamment dans l’ex-Zaïre en 1996-1997 ;
  • les massacres de populations civiles, surtout dans le nord du pays, arbitrairement accusées de collision avec les « abacengezi » (miliciens responsables du génocide) ;
  • de fortes présomptions pèsent également sur la responsabilité du FPR dans l’attentat contre l’avion présidentiel qui a coûté la vie au Président Juvénal Habyarimana, son homologue burundais Cyprien Ntaryamira et leurs suites.
  • Le FPR a refusé l’intervention de la force internationale pour arrêter les massacres afin que celle-ci n’entrave sa victoire totale [Réf. :‘‘United Press International May 23, 1994, Monday, BC cycle;, AFP; AP ; Le Monde mercredi 4 mai 1994 B7Reuter ; Copyright 1994 Caledonian Newspapers Ltd. The Herald (Glasgow) May 18, 1994’’)].
  • D’autres révélations accablantes mettant en évidence l’implication du Front Patriotique Rwandais (FPR) dans le génocide rwandais continuent à s’accumuler, tels les témoignages de deux anciens de l’armée du FPR : Abdul Josué Ruzibiza et Aloys Ruyenzi.
    Save on DeliciousShare via email
  • Date de parution :