Un haut fonctionnaire au Ministère des Terres victime de manigances languit en prison (31.07.07)
D’après une source digne de foi, Charles RWANGA, fonctionnaire au Ministère des Terres, de l'Environnement, des Forêts, de l'Eau et des Mines (MINITERE), est en détention depuis plusieurs semaines à la Prison de Kimironko (Kigali). Toujours d’après cette source, il a été arrêté à l’instigation du chef de l’Unité Administration et Finances de ce ministère, connu sous le nom de NDANI, qui serait aujourd’hui en fuite. Présenté à plusieurs reprises à un juge en l’absence de son contradicteur en fuite, son procès saucissonné n’a aucune chance d’aboutir à un acquittement.
D’après un proche de C. Rwanga, son arrestation et sa mise en détention préventive sont une tentative de le réduire au silence. Son tort est d’avoir vendu à l’Etat un boisement et d’en réclamer le paiement. Des personnes bénéficiant de protections du ministère qui ont détourné le fruit de la vente ont manigancé son arrestation et sa détention. D’après la même source, le Chef de l’Unité Administration et Finances a volontairement versé le montant de la transaction, non pas sur le compte du bénéficiaire mais sur celui d’une tierce personne. Puis, en usant de faux documents et d’une fausse signature, éléments présentés à la banque dont C. Rwanga est client, il a obtenu la clôture du compte du bénéficiaire, qui n’a jamais vu la couleur de son argent. Lorsque C. Rwanga a essayé de mettre à jour cette supercherie, il a été arrêté et jeté en prison.
Cette affaire, apparemment de droit commun, montre encore une fois qu’il n’y a pas de justice au Rwanda. C. Rwanga est l’un des cinq membres du Groupe de Travail sur la Géologie et les Mines coordonné par Mike Biryabarema et mis en place par le Conseil des ministres du 22 juin 2005. Le ministre Christophe Bazivamo, également vice-président du FPR, s’est montré incapable de faire obstacle à ces malversations qui ont conduit indûment M. Rwanga en prison. De même, le Secrétaire Général dudit ministère, Gatwabuyenge Vincent, n’a pas pu empêcher que ces manœuvres aboutissent à la neutralisation de ce fonctionnaire nommé en même temps que lui.
Au Rwanda, ces pratiques tendent à être la règle et non l’exception. En 2006, un ancien officier supérieur des Forces Armées Rwandaises, libéré depuis, a été victime de manigances similaires montées par des gens dont le but était de prendre le contrôle de la société SOCOBICO, dont il est actionnaire.
Patricia Hajabakiga, membre du Bureau Politique du FPR et ancien réfugié de Tanzanie où elle a travaillé comme fonctionnaire tanzanienne, qui est officiellement Secrétaire d’Etat et détient l’autorité réelle dans ce ministère, aurait couvert les manœuvres ayant conduit C. Rwanga en prison. Sous la dictature militaro-affairiste et sectaire au pouvoir à Kigali, il y a une règle non écrite qui consiste à afficher des personnes présentées à l’opinion comme Hutu à des postes politiques à des fins de relations publiques, tout en les affublant de « doublures » investies des prérogatives officielles qui reviennent normalement à leur supérieurs. Cette supercherie peut encore tromper les occidentaux sur les intentions réelles du FPR mais pas les Rwandais. Ils savent depuis longtemps à quoi s’en tenir à son sujet !


