Rwanda: Paul Kagamé ou l’état permanent de disgrâce (09.05.07)

Rwanda: Paul Kagamé ou l’état permanent de disgrâce

Paul Kagame

Chaque année, entre Avril et Juillet, les observateurs diagnostiquent dans le discours présidentiel et dans les combinaisons des fièvres émotionnelles brûlant le rite anniversaire du génocide et chauffant les fêtes de la sanglante victoire militaire «Intsinzi» ou «libération tutsi» un mal inédit et inquiétant : « l’apartheid à la rwandaise ». Qui se moque de qui?

Ce long diagnostic concerne un régime grabataire qui plie comme un roseau sous de violentes tempêtes. Mais, treize ans déjà, ce n’est pas encore le compte à rebours. Le Président Kagame, quoi qu’il en dise, doit reconnaître ses erreurs d’appréciation et de jugement. Il doit avouer que le respect dont il prétend jouir de son peuple et du monde n’est qu’obéissance qui, en temps de guerre et de tensions, côtoie le plus souvent, l’absurdité. C’est aussi le cas de ces fêtes ambiguës qui piétinent la mémoire de tous disparus et divisent au lieu de rassembler tous les survivants. Treize ans après la guerre et le génocide, force est en effet, de constater que le «Gouvernement d’unité nationale» peine à s’engager résolument sur la voie de la démocratie, du dialogue et de la réconciliation nationale. Au contraire, les droits fondamentaux de l’homme, tels que la liberté d’opinion et d'expression et les droits civils et politiques, ne sont pas respectés. Des dizaines de milliers de personnes meurent encore d’«une mort naturelle» dans les geôles du pouvoir, sous le chef d'accusation ou d’ inculpation de génocide et des crimes en tout genre. Certains prisonniers sont détenus plus de dix ans sans dossier ni avocat. Après autant d’années de souffrance, d’inquiétude sociopolitique et de prurits sécuritaires, l’histoire peut-elle dire si le train de l’unité et de la réconciliation trouvera bientôt son terminus dans des affrontements?

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