Les autorités belges doivent clarifier les circonstances entourant la mort de témoins rwandais (22.05.07)

Rwanda : Les autorités judiciaires belges doivent clarifier les circonstances entourant la mort de témoins rwandais

  1. C’est avec consternation que les FDU-Inkingi ont appris le décès du Colonel Laurent NUBAHA, survenu à Bruxelles, dans la nuit du 19 au 20 mai 2007. Les FDU-Inkingi compatissent à la douleur de ses proches ainsi qu’à celle de ses amis. Le Colonel Nubaha L. était l’un des témoins les plus décisifs dans le procès en Assises en cours en Belgique dans lequel un de ses anciens collègues, le Major Ntuyahaga Bernard, est poursuivi pour différents chefs d’accusation dont celui de l’assassinat de dix soldats appartenant au contingent belge de la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda, MINUAR, le 07 avril 1994. Les FDU-Inkingi sont très préoccupées par les informations faisant état d’actes d’intimidation dirigés contre le témoin, contre M. Luc De Temmerman, l’un des avocats de la défense ainsi qu’à l’encontre du Colonel Luc Marchal, également témoin à ce procès et commandant du secteur Kigali au sein de la force de la MINUAR au moment des faits, qui ont précédé sa soudaine disparition.
  2. Les FDU-Inkingi rappellent, que ce n’est pas la première fois qu’un témoin rwandais trouve la mort en Belgique dans des circonstances suspectes. Le 17 décembre 2005, le corps amputé d’organes vitaux de l’ancien ministre Uwilingiyimana Juvénal, témoin dans une enquête conduite par le Bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, TPIR, a été retrouvé dans un canal de Bruxelles. Il avait disparu de son domicile le 21 novembre 2005, laissant une correspondance adressée au Procureur du TPIR dans laquelle il faisait état d’actes d’intimidation et de menaces de mort de la part de deux de ses enquêteurs. A ce jour, les circonstances de cette disparition restent encore non élucidées. La mort de ces témoins est un obstacle volontairement dressé par ceux ou celles qui ont peur de la vérité, une vérité dont les familles des disparus, les parties civiles ainsi que la communauté rwandaise ont pourtant besoin pour panser leurs plaies.
  3. Les FDU-Inkingi demandent avec insistance aux autorités belges compétentes de clarifier dans des délais raisonnables les causes et les circonstances de ces deux décès et d’en informer les familles, les parties civiles ainsi que l’opinion. Après le défaut d’impartialité et d’indépendance affiché jusqu’ici par le TPIR, qui s’est montré incapable de juger les crimes dans lesquels des membres du Front patriotique rwandais, FPR, sont impliqués, si une telle clarification n’est pas faite, les autorités belges auront définitivement fermé la porte à la possibilité qu’a la Belgique de redorer son blason aux yeux de toute la communauté rwandaise et de reprendre le témoin dans le processus de résolution du conflit rwandais, de stabilisation de l’Etat et de rétablissement de la paix et de la sécurité au Rwanda et dans la région des Grands Lacs, alors que pourtant, sa prochaine présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies lui en donne une grande opportunité.

Fait à Bruxelles, le 22 mai 2007

Dr Jean-Baptiste MBERABAHIZI
Secrétaire Général et Porte-parole
(sé)

 

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