Intervention de Mme Victoire I Umuhoza lors de la journée de commémoration des victimes rwandaises et congolais de 96 tués par l'APR (10.11.07)

Victoire Ingabire

PLAIDOYER POUR LA STABILITE DANS LA REGION DES GRAND LACS.

Intervention de Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des Forces Démocratiques Unifiés ( FDU) lors de la journée de commémoration  des victimes rwandaises et congolaises des massacres perpétrés en RDC par l’Armée patriotique rwandais ( APR),  organisée à Bruxelles le 10 novembre 2007

Honorable Député,
Chers amis,
Chers compatriotes,

Sous prétexte de constituer une barrière contre la percée de l’intégrisme islamique qui serait incarné par le Soudan et à cause de la guerre sans merci que se livrent aujourd’hui certaines multinationales pour s’approprier à de faibles coûts les matières premières dont elles ont besoin, la région des Grands Lacs est  devenue victime d’une conspiration internationale dans laquelle prennent part certains groupes mafieux européens et américains. Et, sous la pression de ces multinationales, certaines puissances acceptent de soutenir ou font tout pour y établir des gouvernements fantoches, sans base populaire pour pouvoir les manipuler, dans leurs plans machiavéliques.

C’est ainsi que ces  puissances ont investi et trouvé dans l’avènement et la protection du régime du Général dictateur Paul Kagame au Rwanda un allié acquis totalement à leur cause pour se débarrasser de ceux qui, en Afrique, ne veulent pas se plier à leurs diktats.  Nous savons tous que le conflit qui ravage la République Démocratique du Congo depuis 11 ans déjà est incontestablement la prolongation de l’attaque du Rwanda par le FPR en provenance de l’Ouganda le 1er Octobre 1990 et du génocide rwandais d’avril 1994 déclenché par l’assassinat de deux  présidents africains, celui du  Rwanda feu Juvénal Habyarimana et celui du Burundi, feu Cyprien Ntaryamira.

Début octobre 1996, sous prétexte de « poursuivre les génocidaires » en RDC, l’Armée patriotique rwandaise (APR) a bombardé les camps des réfugiés de l’Est de ce pays qui abritaient plus d’un million de personnes.  Plus de 200.000 réfugiés Hutu ont été sauvagement massacrés et leurs corps brûlés dans les forêts et les marécages de la RDC et que, depuis le 2 août 1998, au moins 3,5 millions de Congolais furent emportés par une nouvelle guerre d’agression déclenchée par les hordes armées du Front patriotique rwandais, FPR. Il est utile de rappeler que les conflits cycliques que le Général Kagame a provoqués dans la sous-région ont déjà occasionné la mort de plus de 6 millions de Rwandais et de Congolais !

Les FDU condamnent énergiquement tous ces crimes et continuent à clamer haut et fort que  les auteurs de ces crimes soeint traduits en justice. Il est grand temps que la Communauté internationale cesse de contribuer indirectement à la polarisation ethnique en refusant de traduire en justice les éléments du FPR responsables d’actes de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de crimes économiques commis au Rwanda depuis octobre 1990 et en RDC depuis 1996.

Aujourd’hui encore, comme si ce bilan macabre ne suffisait pas, le FPR, dans une énième récidive, tente d’étendre sa dictature aux peuples de la région des Grands Lacs, en armant  des supplétifs dont le rôle est de camoufler ses opérations couvertes en groupes rebelles qui combattent le gouvernement légal de Kinshasa, notamment celui du Général autoproclamé NKUNDA, un ex-officier de l’APR qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice congolaise. Ce faisant, le FPR entrave et complique à souhaits toute solution à la présence de groupes armés rwandais à l’Est de la RDC, dont la plupart des membres sont des rescapés de la boucherie de 1996-97.

Pour justifier ses agressions répétées, ses velléités hégémoniques et expansionnistes dans la région des Grands Lacs, le spectre d’un « nouveau génocide contre les Tutsi ou les Banyamulenge » dans la région est perpétuellement entretenu par le régime du Général Kagame, dans un exercice aussi immoral qu’irréaliste, est d’opposer la prévention  du génocide à la démocratisation, dans le but inavouable et inavoué de consolider sa dictature.

Les choix géopolitiques opérés par certaines grandes puissances dans la région des Grands Lacs d’Afrique pour défendre leurs intérêts économiques, l’absence totale d’Etat de droit au Rwanda, la culture de l’ impunité, le non-respect des droits et de libertés des citoyens, la mauvaise gouvernance,  la mauvaise gestion des ressources économique, voilà le virus qui ronge notre sous région.

Peut-on espérer qu’un jour les peuples de la région des Grands Lacs pourront, comme d’autres peuples, jouir du droit à la vie et bénéficier des autres droits qui en découlent? Dans quelle mesure ces grandes puissances seront-elles capables d’accepter un réel partenariat avec des gouvernements africains légitimes et démocratiquement élus ?

En conformité avec sa mission de maintenir la paix dans le monde, l’ONU devrait placer le  régime du général Kagame devant ses responsabilités face au peuple rwandais, un peuple privé de ses droits fondamentaux, notamment du droit à la vie et de celui de choisir librement son  gouvernement, ainsi que face à ses voisins qui n’aspirent qu’au bon voisinage qui régnait avant l’invasion du Rwanda de 1990.

La Communauté internationale devrait comprendre que la paix et la sécurité dans la région ne dépendent pas seulement du désarmement et du rapatriement des rebelles rwandais, mais que la paix dans la région passera  par la démocratisation du Rwanda et non par la force des armes. En effet, l’une des raisons profondes de cette crise  est l’incapacité structurelle du régime FPR à ouvrir pleinement l’espace politique et faire face à une expression pacifique et légale de la contestation politique.

Pour atteindre la réconciliation effective qui est un préalable pour la stabilité et la paix durable dans la région des Grands Lacs en général et spécialement au  Rwanda, Les Forces Démocratiques Unifiées proposent un dialogue entre toutes les forces vives du pays pour qu’ils se mettent d’accord sur un système de gouvernance et des règles de gestion du pouvoir politique qui établiraient des arrangements institutionnels qui sécurisent et rassurent tout est chacun.

Il n’y a qu’une issue durable à la crise qui sévit dans la région des Grands Lacs. La dictature militaro sectaire et affairiste au pouvoir à Kigali doit faire place à une démocratie moderne, inclusive et pacifique. Voilà pourquoi cela constitue la mission principale que se sont assignées les Forces Démocratiques Unifiées.

Je vous remercie.

Victoire Ingabire Umuhoza
Présidente

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