En entrant dans le capital de la BCDI, ECOBANK s’engage dans le blanchiment d’argent et dans le financement occulte du Front patriotique rwandais (19.08.07)
Communiqué de presse
Rwanda: En entrant dans le capital de la BCDI, ECOBANK s’engage dans le blanchiment d’argent et dans le financement occulte du Front patriotique rwandais.
En acquérant 90% des actions de la Banque de Commerce, de Développement et de l’Industrie (BCDI), Ecobank Transnational Incorporated (ETI) s’engage dans un double processus de blanchiment d’argent et de financement occulte du Front patriotique rwandais, FPR, des activités contraires au droit international et à l’éthique.
La BCDI est la cheville ouvrière du réseau de financement de l’agression de la République Démocratique du Congo, RDC, lancée par le régime Kagame le 02 août 1998 dont le but était le renversement du gouvernement de ce pays et qui a fait directement ou indirectement plus de 3,5 millions de morts dans ce pays. L’un des actionnaires de la BCDI est Tri-Star Investments SARL, une entreprise au capital initial minuscule de 1 million de Frw (2.000 USD) gonflé artificiellement en 1996 à la création de la BCDI pour être une machine de financement occulte et illégal du Front patriotique rwandais, FPR. Tri-Star détenait, à sa création, 13% des actions de la BCDI.
Le Rapport préliminaire (S/2002/565) ainsi que le Rapport final (S/2002/1146) du Groupe d’Experts des Nations Unies sur l’Exploitation Illégale des Ressources Naturelles et d’autres richesses de la RDC indique qu’en ce qui concerne le Rwanda, la BCDI est la principale institution financière qui blanchit l’argent tiré de l’exploitation illégale des ressources naturelles de ce pays notamment le coltan, l’or, le diamant, le cobalt, le cuivre et le bois d’œuvre. Ces activités ont été menées illégalement dans les zones contrôlées par les troupes d’occupation rwandaises, sous la couverture du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD-Goma.
Selon ce rapport, la BCDI a opéré des paiements au trafiquant d’armes Victor BOUT par l’intermédiaire d’un prêt à la SONEX, une entreprise du RCD-Goma. Le paiement de Victor Bout a été effectué par Emmanuel Kamanzi, responsable des finances du RCD-Goma, qui a reçu les fonds du Major Dan Munyuza, responsable du « Desk Rwanda » au sein de l’Armée patriotique rwandaise, la structure de la force d’occupation qui organisait le pillage et le trafic d’armes, pour financer par des voies extra budgétaires, l’effort de guerre du régime Kagame. Le RCD-Goma a également exécuté des paiements à Victor Bout et au ministère rwandais de la défense le 19 octobre 1998 grâce à une ligne de crédit ouvert par la BCDI.
En 2004, le PDG de la BCDI, Alfred Kalisa et actionnaire principal avec 31% des parts, aujourd’hui en prison, était l’un des directeurs de la société African Finance Systems and Management, une société enregistrée aux Iles Vierges Britanniques et ayant des co-directeurs au Liechtenstein et également enregistrée en Afrique du Sud et qui a servi d’intermédiaire dans le trafic illégal d’armes en direction de l’Est de la RDC. En reprenant les parts de la BCDI, Ecobank s’engage ainsi dans la seconde phase du blanchiment d’argent tiré de trafics illégaux d’armes et du pillage des ressources de la RDC, des activités totalement contraires au droit et à son éthique déclarée et au mépris des 3.5 millions de Congolais victimes des activités armées illégales que cette banque a financées.
Des informations crédibles rapportent que la BCDI continue ses activités illégales en finançant les opérations du Conseil National pour la Défense du Peuple, CNDP, dirigé par Laurent Nkundabatware, un officier renégat des FARDC, dont les activités au Nord-Kivu ont déjà déplacé 640.000 personnes.
En entrant dans le capital de la BCDI, Ecobank participe également au financement du FPR, en violation flagrante du droit national et international et en foulant au pied sa propre éthique professionnelle, puisqu’elle s’engage en affaires avec Tri-Star Investments SARL, la miniscule entreprise du FPR devenue en quelques années une pieuvre dont les tentacules touchent tous les secteurs de l’économie nationale, allant de la téléphonie mobile à l’import-export, en passant par la production de ciment.
Tri-Star Investments SARL, dont le président du Conseil d’Administration James Musoni est à la fois ministre des finances et commissaire aux finances du FPR depuis le 23 décembre 2005, a été créée en 1995 par Paul Kagame, par le biais de différents prête-noms. Il s’agit de KABAIJA Ephraim, son ancien directeur de cabinet, RUZINDANA Méthode, ancien diplomate à Washington, ancien assistant du Major Théogène Rudasingwa, alors Secrétaire Général du FPR et également Ambassadeur à Washington ainsi que Ben RUGANGAZI, cousin germain de Paul Kagame et actuel Directeur Général. Toutes ces personnes sont des cadres politiques du FPR abusivement présentés comme commerçants devant le notaire Mutabazi Etienne, le 24 Avril 1997, pour authentifier des faux procès-verbaux d’assemblée générale et de donner des allures légales à une organisation du FPR, Tri-Star Investments SARL. Ainsi, aux termes de l’assemblée générale du 22 avril 1997, Tri-Star Investments sarl ne compterait plus que deux associés à savoir Ben Rugangazi (50%) et NYARUHIRIRA Jean-Marie (50%).
La décision d’Ecobank a été rendue possible par le travail d’intoxication menée auprès de son conseil d’administration et de la direction de sa maison-mère par Donald Kaberuka, après son arrivée en Afrique de l’Ouest, à la tête de la Banque Africaine de Développement. D. Kaberuka fut également Président du Conseil d’Administration de Tri-Star Investments et commissaire aux finances du FPR, postes qu’il cumulait avec ceux de Secrétaire d’Etat puis de ministre des finances, au moment où Tri-Star a créé la BCDI et durant la période pendant laquelle la BCDI s’est livrée au blanchiment d’argent, au financement de trafics illégaux d’armes et au financement occulte du FPR, notamment celui de la campagne de Paul Kagame aux simulacres d’élections d’Août-Septembre 2003.
L’association d’Ecobank avec une entreprise au minable capital de deux mille dollars comme Tri-Star Investments SARL est une opération aussi futile que dangereuse, pour la sécurité des dépôts de ses clients et pour ses opérations à venir. En effet, Tri-Star Investments a l’habitude d’utiliser des opérateurs économiques aux fins de couvrir les activités clandestines des services de renseignements militaires du régime et de financer le FPR et de se débarrasser de ses partenaires dès qu’il les juge inutiles. Ainsi, en 1996, Tri-Star s’est associé avec Kalisa Alfred pour créer la BCDI avant de se débarrasser de lui en 2006. En 1997, Tri-Star s’est associé avec MANACHANDRA D. KHAGRAM, un homme d’affaires kenyan pour créer MIDCO International SARL, une entreprise d’import-export, pour la liquider ensuite trois ans plus tard. En 2002, Tri-Star a utilisé l’entreprise israélienne GILAT pour lancer ARTEL, une société de téléphonie rurale aujourd’hui proche du dépôt de bilan.
En prenant des parts dans la BCDI, ECOBANK se livre ainsi au blanchiment d’argent sale, finance une organisation criminelle, se rend complice de délits d’initiés et prend de gros risques pour ses clients, des actes contraires au droit et à l’éthique.
Fait à Bruxelles, le 19 Août 2007
Dr Jean-Baptiste MBERABAHIZI
Secrétaire Général
(sé)


