VIVES PREOCCUPATIONS DU CNCD SUR LA SANTE DE L’OPPOSANT ET PRISONNIER POLITIQUE Me BERNARD NTAGANDA, PRESIDENT DU PS-IMBERAKURI

Le CNCD attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale et des organisations internationales de défense des droits de l’homme Amnesty International et Human Rights Watch sur la situation profondément préoccupante du Leader du Parti Social IMBERAKURI, Me Bernard NTAGANDA, Président du seul parti politique d’opposition légalement enregistré au Rwanda.

Selon des renseignements dignes de foi, Me Bernard NTAGANDA n’est pas traité avec dignité et humanité, contrairement aux règles et normes humanitaires internationales et aux règles minimales pour le traitement des détenus.

Malade et non assisté médicalement, son état de santé s’est sérieusement dégradé d’autant plus que les conditions de détention au Rwanda restent précaires.

Le CNCD a en outre appris de source indépendante et fiable que l’administration pénitentiaire a reçu l’ordre d’interdire toute visite à Me Bernard NTAGANDA : ni les membres de sa famille proche, ni les amis, ni les responsables de son parti ne peuvent plus lui rendre visite. Par ailleurs, Me NTAGANDA est également interdit d’approvisionnement en vivres frais en provenance de l’extérieur auquel ont droit les autres prisonniers. Selon les mêmes informations, Me Bernard NTAGANDA, privé d’une alimentation qui correspond au régime alimentaire pourtant prescrit par les médecins peu après son emprisonnement, a entamé une grève de la faim depuis le 16 août 2013.

Me Bernard NTAGANDA a été arrêté en juin 2010 et est actuellement incarcéré à la prison de MPANGA, dans la Province du Sud pour des motifs politiques. En effet, depuis que le FPR a pris le pouvoir à Kigali en juillet 1994, tout citoyen ordinaire ou engagé qui manifeste publiquement son opposition au régime se met en danger : soit il est purement et simplement éliminé, soit il est arrêté et incarcéré ou il prend le chemin de l’exil.

Le traitement infligé à Me Bernard NTAGANDA (privation de contact avec l’extérieur, privation de soins et privation d’une alimentation saine, suffisante et équilibrée), à quelques mois de la fin de sa peine, sonne comme un avertissement pour le contraindre à rentrer dans le rang une fois à l’extérieur et à terrifier les membres de son parti et l’opposition de manière générale pour qu’ils mettent fin à leurs activités politiques et à leurs positions qui mettent à nu les crimes du régime et ses politiques d’apartheid ethnique à tous les niveaux : politique, économique, législatif, judiciaire, militaire, social et culturel .

Le CNCD demande au régime de Kigali de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Me Bernard NTAGANDA et des autres prisonniers politiques, conformément au droit régional et international pertinent et notamment aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à l’ensemble de règles minima pour le traitement des détenus.

Fait à Lyon, le 30 août 2013

Pour le CNCD,
Eugène NDAHAYO
Secrétaire général et Porte-parole

Voir aussi : http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/belga/rwanda-le-president-d-un-parti-d-opposition-dans-un-etat-de-sante-preoccupant-5221c8c83570c7737d176c1d

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