FDU-Inkingi Newsletter, Juin 2012 – FDU-Inkingi Newsletter, June, 2012

Le contenu de cette Newsletter/ Newsletter Content.

1 – Editorial : La restructuration est en marche aux FDU.
2 – Les trois écueils à résoudre pour faire tomber le régime criminel de Kigali.
3 – The supreme nature of a political party over its leaders.
4 – Notre histoire, une arme de destruction massive contre l’imposture.
5 – For whom do outside-based Rwandan opposition parties work?
6 – Le Comité Exécutif Provisoire (CEP) des FDU-Inkingi au Rwanda : une ingénierie politique ou jeu de dupes?
7 – Les FDU se réorganisent : il était temps.

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1 – Editorial : La restructuration est en marche aux FDU

par Eugène Ndahayo, Président a.i. des FDU-Inkingi

Au fur et à mesure que les élections de 2010 approchaient, les FDU-INKINGI perdaient leurs repères. Lorsque le 26 janvier 2011, un cordon sanitaire a été institué au sein du Parti pour contrer les déviances mettant en cause les principes fondateurs des FDU, de pseudo-analystes cachés derrière des masques et les adorateurs de leur propre ignorance ont crié à la trahison. Les adeptes des relations politiques tarifées, quant à eux ont réduit la crise au sein des FDU-INKINGI à une mésentente entre NDAHAYO et NKIKO. C’est là une vision emphatique et réductrice, si « entente » doit être comprise dans le sens des « relations amicales entre des personnes ». D’une part, les FDU ne se réduisent pas à ces deux personnes et d’autre part, les FDU dépassent de loin le cadre d’une « amicale » même s’il est toujours souhaitable d’entretenir une forte solidarité entre les membres d’une même organisation.

La divergence de vue sur la conduite des affaires, qui s’est ensuite transformée en une crise majeure de valeurs, a tout simplement pour nom : l’amateurisme et le manque de maturité politique, l’inadéquation entre ce que l’on se projette de faire et la capacité à prendre en charge et à conduire la lutte, l’absence ou quasi-absence de règles de fonctionnement, la personnalisation du parti, les ressorts psychologiques de certains cadres dirigeants…

Soyons clair : on ne peut pas avoir l’ambition de libérer un pays et fonctionner comme une auberge espagnole.

Un parti politique est par définition un groupe de citoyens qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées, et qui s’associent dans une organisation ayant pour objectif de se faire élire, d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique ou un programme commun. Il se distingue des autres organisations (comme les groupes de pression, les corporations ou les syndicats) par son objectif de gouverner. Pour gouverner, il faut en avoir les capacités et s’en donner les moyens. On ne peut pas avoir la prétention de libérer le pays et se cacher derrière une maîtresse de maison et autres garçons de courses à la résidence de la présidente à Kigali, bombardés Comité Exécutif Provisoire pour les besoins de la cause, comme le font aujourd’hui ceux qui se sont autoproclamés « Comité de Coordination », organe qui, par ailleurs, ne figure nulle part dans les textes régissant les FDU-INKINGI.

C’est pourquoi, pour être à la hauteur de la tâche, des défis et de nos ambitions, le Comité Exécutif vient de s’engager dans un processus de profonde restructuration du parti. Cette restructuration se fera autour de trois axes :

1- La gouvernance du parti (les principes, l’organisation)

L’existence de règles est une condition nécessaire pour qu’un parti puisse perdurer, s’implanter dans le corps électoral, travailler avec efficacité à la conquête du pouvoir, convaincre les électeurs afin de mettre en œuvre son programme politique. L’existence de ces règles fixe les conditions du jeu, par des contraintes institutionnelles dont les acteurs doivent tenir compte. Sa cohésion doit être garantie par la conformité des comportements aux règles pratiques arrêtées de commun accord.

Les FDU-INKINGI étant un bien collectif, nul ne peut se l’approprier ou se confondre avec elles. Le sentimentalisme ne doit pas nous empêcher de nous prémunir contre les risques du « dirigisme » soi-disant pour préserver la solidarité. Aux FDU, l’intérêt général et les idées doivent continuer à primer sur les intérêts particuliers et sur toute autre considération.

C’est pourquoi, dans un délai raisonnable, après la clarification du membership, une convention internationale du parti devrait être convoquée pour mettre en place une direction élue, entre autres choses, issue des comités locaux eux-mêmes élus par les membres effectifs. Un parti politique fort est un parti dont l’espérance de vie est supérieure à celle de ses fondateurs et de ses dirigeants. Sortir de la conception patrimoniale qui est à l’œuvre au sein des FDU-INKINGI où même les cadres confondent le parti avec la personne du président du Comité Exécutif doit être une priorité. Combien de fois n’avons-nous pas en effet entendu tel cadre justifier ses prétendues prérogatives en avançant que c’est la présidente, empêchée par ailleurs, qui les lui a données, que c’est la présidente qui a nommé les autres membres du CE ? Comment un responsable, fût-il président, d’une organisation qui prétend défendre la démocratie et l’Etat de droit, peut-elle nommer, créer, modifier ou supprimer les règles à sa guise comme s’il s’agissait d’une entreprise unipersonnelle ? Quel intérêt le peuple rwandais aurait-il à changer un système qui, à son grand dam, a merveilleusement fait ses preuves si c’est pour lui resservir le même plat? La désincorporation du Pouvoir (d’Etat ou au sein de nos organisations politiques) est de l’essence de la démocratie. Elle signifie que le Pouvoir est conçu comme un espace non appropriable en droit comme en fait par un individu ou groupe d’individus. C’est la condition par excellence qui permet de rendre pensable la conquête du Pouvoir par des élections et le jeu de l’alternance.

La réforme progressive et continue du parti va donc être l’un des principaux soucis du Comité Exécutif pour atteindre l’efficacité nécessaire qui permettra d’asseoir un Etat de droit, c’est-à-dire un Etat où la loi se tient au-dessus des chefs, où le chef suprême n’est pas un homme/une femme en chair et en os mais une abstraction, en l’occurrence la loi. Le Rwanda a besoin d’institutions démocratiques fortes et pas d’hommes forts.

Seuls les partis qui respectent leurs propres règles peuvent renforcer la culture démocratique dans leur pays en démontrant à travers leurs agissements et leur fonctionnement interne que les règlements ont leur importance

2- La lisibilité

Aujourd’hui, les choses sont confuses au sein de l’opposition rwandaise. Les FDU-INKINGI en portent une part de responsabilité. Depuis que certains dirigeants, empêtrés dans une impasse qu’ils ont provoquée eux-mêmes, ont fait jonction avec une nébuleuse de criminels et ont tenté de leur construire une respectabilité, en dépit des valeurs et des principes fondateurs des FDU-INKINGI tels qu’énoncés dans la charte constitutive signée le 29 avril 2006, nous avons vu se multiplier d’étranges manœuvres dans l’univers de l’opposition politique, la confusion la plus totale a régné et les fora de discussion ont reflété cette imbrication des forces et des thèmes destinés à fédérer l’hétérogénéité des criminels. Il est clair que les anciens adversaires dans le crime se rallient aujourd’hui à la cause commune : celle de recycler les haines envers ceux qui, aujourd’hui comme hier, rejettent cette imposture et celle de la recherche des boucs émissaires pour préserver leur impunité. Leurs hommes de mains sont à pied d’œuvre pour tirer à boulets rouges sur tous ceux qui leur résistent. Et comme ils n’ont aucun argument à leur opposer, en fidèles adeptes de Joseph Goebbels, ils espèrent les discréditer aux yeux des Rwandais et ainsi les disqualifier, en leur prêtant des intentions, notamment de vouloir pactiser avec le diable de Kigali.

Pour donner un sens de lutte et de construction d’un autre avenir, le Comité Exécutif s’engagera dans une clarification constante des valeurs qui fondent l’action des FDU et des axes de positionnement politique, stratégique et opérationnel du parti sur des questions qui affectent particulièrement le peuple rwandais.

3- La collaboration avec d’autres forces politiques acquises au véritable changement

La pertinence d’une opposition forte, rassemblée et consciente des enjeux n’est plus à démontrer. Pour mener la révolution démocratique qui va faire tomber le régime, il faut un grand rassemblement des forces vives. Comme je l’ai souligné dans une série de trois articles parus dans les numéros de cette newsletter en octobre 2011, en décembre 2011 et en février 2012, sous le titre de “Réveillons-nous” http://www.fdu-rwanda.org/2012/02/reveillons-nous-3eme-partie/#more-748 « Le processus de libération ne peut pas être l’affaire d’un homme ou d’un seul parti; il n’est pas la propriété ou la chasse gardée d’une ethnie ou d’une catégorie sociale donnée ou d’une poignée d’intellectuels même bien inspirés qui ferait le bonheur du peuple. La libération du pays est une Grande Idée dont tous les démocrates de notre pays doivent se saisir, dans l’intérêt supérieur de la Nation ».

Il serait néanmoins naïf de croire que le rapprochement, ipso facto, va régler les problèmes. “Si le rassemblement est nécessaire, il doit être néanmoins assis sur des bases les plus claires possibles et viser des objectifs tout aussi clairs …. On ne peut pas arriver à former un bloc compact, à mutualiser efficacement les actions et les moyens si on n’a pas la même vision, si on n’a pas les mêmes objectifs, si on ne se retrouve pas autour d’un socle commun de principes, de valeurs et du même idéal républicain (au sens étymologique du terme). Les seuls mécontentements, les frustrations, la rancœur, la haine, de même que des revendications de confort personnel ne peuvent pas porter une lutte politique ».

Fort de l’expérience du processus qui a conduit à la création des FDU-INKINGI et ayant tiré des enseignements de la crise, le Comité Exécutif définira une stratégie et une méthode de rapprochement à même de conduire à un rassemblement le plus dynamique possible. Cette stratégie et cette méthode seront fondées sur le respect des principes et sur les meilleures pratiques en matière d’organisation sans rien brader des valeurs, des acquis, de l’identité et des spécificités des FDU-INKINGI.

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