50ème anniversaire de l’Indépendance

Mes chers Compatriotes,

Aujourd’hui dimanche 1er Juillet 2012, nous célébrons le 50ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. Le 1er Juillet 1962, le Rwanda a recouvré son droit à l’auto-détermination, après une longue période de domination coloniale, par les allemands d’abord et ensuite sous-tutelle de la Belgique. Aussi, les Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi) sont-elles heureuses de partager ce moment de fierté et de gloire avec l’ensemble de la communauté rwandaise.

Pour paraphraser le Président Kwame Nkrumah, avec l’indépendance, les Rwandais ont retrouvé leur droit naturel de bien gérer ou de mal gérer leur propre pays. Aujourd’hui où nous célébrons cinquante ans d’indépendance et d’autogestion, les Rwandais devraient donc en principe être désormais maîtres de leur propre destinée.

Durant la période coloniale, le Rwanda n’était pas considéré comme une entité en elle-même dans le sens de la communauté des nations ; les Rwandais n’avaient donc aucun droit en tant que peuple. Tous les intérêts des Rwandais, qu’ils soient sociaux, économiques, culturels ou autres, étaient soumis aux caprices du maître colonial.

Quand nous célébrons l’indépendance de notre pays, nous célébrons en même temps le courage de nos valeureux compatriotes qui ont consenti d’énormes sacrifices dans l’espoir que le Rwanda puisse enfin devenir une terre de liberté.

Il est donc important de rappeler que l’indépendance de notre pays n’a pas été acquise sur un plateau d’argent, elle est plutôt le résultat d’un combat acharné mené de longue lutte. Des Rwandais patriotes ont engagé cette lutte au péril même de leurs propres vies, afin que leurs compatriotes puissent prétendre à un avenir meilleur.

Lorsque nous faisons la rétrospective des 50 ans d’indépendance, nous devons reconnaître que beaucoup de choses ont changé pour nous-mêmes et pour notre pays. Néanmoins tout n’a pas été rose. Notre pays a connu des soubresauts politiques. Durant les années qui ont précédé l’indépendance, le Rwanda a connu un cycle de violences sociopolitiques. Les dirigeants de l’époque, ceux du pouvoir monarchique, n’ont pas été en mesure de juguler les tensions liées aux inégalités sociales à base ethnique; certains les ont même encouragées.

Les gouvernements successifs post-indépendance n’ont pas été, à leur tour, à la hauteur des attentes de la population ; certains se sont même fourvoyés dans des pratiques sectaires de l’ère monarchique qu’ils avaient pourtant abolie. Personne n’aurait pu imaginer que cinquante ans plus tard, au lieu de célébrer la liberté retrouvée, nous nous battons toujours contre les injustices que nos dirigeants affligent à la population et que le pays est toujours en proie aux démons de la division ethnique.

Le point culminant dans l’horreur se situe sans conteste dans le génocide rwandais du printemps 1994 où des Rwandais ont tué d’autres Rwandais, créant ainsi un schisme profond dans la société rwandaise.

Force est malheureusement de constater que nous n’avons toujours rien appris de notre douloureuse histoire. Le fossé ethnique s’est considérablement accentué avec l’arrivée du FPR au pouvoir. Le FPR du Président Kagame est l’expression même d’une organisation sectaire. Depuis le recrutement de ses cadres et partisans jusqu’au sommet de la hiérarchie politique, militaire et judiciaire, c’est la même politique d’exclusion qui domine.

A chaque régime son jour de fête nationale. Tout comme le président Habyarimana qui avait banni les célébrations de l’indépendance au profit des festivités du 05 juillet, jour anniversaire de son coup d’état militaire, le Président Kagame a détourné les célébrations de l’indépendance à la date de la prise du pouvoir par ses militaires le 04 juillet, jour dit de la libération (liberation day). Au lieu d’exalter le patriotisme et la bravoure de ceux qui ont conduit le Rwanda dans le concert des nations, il s’acharne, pour mieux se glorifier lui-même, à détruire tout cet héritage et à réduire à néant toute l’œuvre de ces bâtisseurs.

Après avoir réussi à compromettre sérieusement la réconciliation nationale au cours des 18 dernières années, le Président Kagame et son parti, le FPR, ont amassé d’énormes richesses tant à l’intérieur du Rwanda qu’à l’étranger, en particulier en RDC où ils pillent les ressources naturelles de ce pays et massacrent la population. Le noyau dur du FPR, à commencer par le Président Kagame lui-même, sont devenus les nouveaux riches du Rwanda au détriment du reste des Rwandais qui deviennent de plus en plus pauvres, voire des marginaux.

Dans le même temps, les citoyens sont rançonnés et sommés de verser des cotisations intempestives et incessantes dans les caisses du parti-état alors qu’ils ne disposent d’aucun revenu. Au même moment où leurs terres sont confisquées, ceux qui peuvent encore en disposer sont forcés de pratiquer les cultures de rente au détriment des cultures vivrières et sont par conséquent exposés à la faim et à la malnutrition qui avaient pourtant disparu depuis bien longtemps dans notre pays.

Anti-démocratique dans sa nature, le régime FPR a réussi à saper toute opposition démocratique et à réduire au silence toutes les voix critiques. Devons-nous rappeler l’emprisonnement arbitraire, sous des motivations politiques, de notre Présidente Madame Victoire Ingabire Umuhoza, du Président du PS Imberakuri, Maître Bernard Ntaganda, du président du PDP-Imanzi, Déo Mushayidi et autres journalistes.

Lorsque les Rwandais ont accédé à l’indépendance, ils espéraient désormais jouir des libertés fondamentales telles le libre choix des dirigeants, ou encore le bien-être économique et social. Mais hélas ils ont vite déchanté. Le pays est toujours aussi pauvre qu’auparavant, les divisions se sont accentuées, il n’y a ni liberté ni démocratie. La dictature militaire s’est durablement installée au détriment des libertés civiles et politiques, et des droits de l’homme. L’unité du pays et des citoyens a volé en éclats, et la gouvernance du pays est aux mains d’une oligarchie clanique. Comme le disait si justement l’écrivain kényan Jaramogi Oginga Odinga : « It is not yet Uhuru ». Mais faut-il déchanter pour autant ?

Notre Parti, les Forces Démocratique Unifiées (FDU-Inkingi), invite tous les Rwandais à ne pas sombrer dans le désespoir et à puiser dans la détermination de nos précurseurs la volonté et la vision nécessaires pour bâtir un Rwanda égalitaire. Comme la lutte pour l’indépendance n’était pas une tâche facile, de même la lutte pour la démocratie, la liberté et les droits de l’homme doit nous mobiliser et constituer un défi à relever. Cette tâche appelle notre volonté collective et notre détermination à tous.

Vive le Rwanda, Vive les Rwandais.

Eugène Ndahayo
Président a.i.

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