Trois raisons pour soutenir les manifestations du 6 avril prochain

Des organisations de la société civile rwandaise ont récemment proposé une manifestation publique à Paris pour dénoncer les manipulations et les mensonges qui entourent le dossier du génocide rwandais. Elles ont programmé cet évènement pour la date du 6 avril prochain. Or, depuis cette proposition un débat stérile et malsain fait rage dans la communauté rwandaise des exilés, notamment chez les apprentis politicards : il s’est trouvé quelques-uns qui estiment que cette initiative est malvenue.

 

Pourquoi ? J’avoue ne pas comprendre les raisons d’une telle attitude. D’ailleurs, ceux-là même qui jugent l’initiative malvenue n’en donnent eux-mêmes aucune ….. si ce n’est la superposition de mots vides de sens qui finissent en des phrases alambiquées, sans forme ni fonds au point que l’on est en droit de se demander pourquoi ces gens perdent leur temps à écrire des sottises pareilles. Osons les mots, les dernières sorties du camp des « contre-manifs » du 6 avril prochain ressemblent beaucoup à de la diarrhée verbale, de la logorrhée ennuyeuse, résultat d’une véritable « masturbation » intellectuelle. L’objet de leur obstination et de leur contestation est tout simplement incompréhensible et insaisissable. L’on ne sait pas si c’est le choix de la date ou l’objet de la manifestation qui les perturbe. Dans tous les cas, il faudrait être membre du FPR-Inkotanyi – chose politiquement compréhensible – pour s’en indigner. Si quelqu’un a pu saisir leurs projets, leurs objectifs, leurs stratégies et leurs buts en se dissociant des autres exilés, il pourrait faire partager sa trouvaille.

 

Pourquoi il faut participer aux manifestations du 6 avril prochain ? Trois raisons semblent éminemment pertinentes.

 

1° – la majorité des organisations de la société civile des Rwandais en exil, sinon la quasi-totalité, a souscrit à l’initiative. Dans la mesure où cette initiative a recueilli un tel large consensus des organisations largement représentatives, il faut être du bord de l’adversaire pour combattre une telle action. Il n’y a aucune justification qui tienne debout pour un exilé qui, plus est, se prétend opposant politique pour ne pas soutenir avec toutes ses forces l’initiative de ces organisations et encore moins pour s’investir dans des actions volontaires et conscientes de sabotage et de perturbation de l’initiative.

2° – le choix ou le non choix de la date du 6 avril n’est pas innocent, en toutes circonstances. S’agissant des manifestations prévues prochainement, il est même cohérent par rapport à l’objet de la manifestation.

 

Dans la chronologie évènementielle et historique de notre pays, la date du 6 avril précède et est le point de départ du génocide et de tous les autres crimes de masses qui l’ont suivi. Si l’on se penchait sérieusement sur la saga sanglante des criminels qui ont endeuillé et continuent d’endeuiller notre nation, il est à parier que l’on ne peut pas trouver sur le calendrier un seul jour sans crime de sang au Rwanda par le fait du pouvoir. Tout Rwandais qui aura connu le règne des Interahamwe et du FPR-Inkontanyi est un Rwandais qui est en deuil tous les jours de sa vie. De ce point de vue, il serait logique que la date du 6 avril soit celle du début du deuil national. Mais il y a l’histoire des évènements et l’histoire politique. Le temps historique et le temps politique ne coïncident jamais sauf lorsque le bénéficiaire est le même. Par ailleurs, le champ politique n’est pas réputé être le domaine de la vertu absolue : la cohérence, la moralité, la justice, l’équité, etc. Le choix politique du régime du FPR-Inkotanyi s’est porté sur la date du 7 avril pour des raisons qui ne seront pas détaillées ici. Il est donc légitime que ceux qui le désirent, prennent pour point d’appui de leurs revendications d’équité et de justice la date du 6 avril, s’ils estiment que c’est le jour où tout a basculé.

 

3° – l’objet de la manifestation telle que libellé dans la DÉCLARATION DE PARIS du Dimanche 12 février 2012 (lire l’intégralité du texte ici)  ne souffre d’aucun début de polémique sauf pour les esprits mal tournés ou les gens en mission de torpiller et de faire échec à l’exigence de la vérité et de la justice. Toutes les arguties avancées ces derniers jours par les « anti-manifs » pour justifier, non seulement, leur non-solidarité avec les organisations de la société civile des exilés rwandais mais aussi leur activisme dans le sabotage et la perturbation de cet évènement ne convainquent personne.

 

Il est effectivement de leur droit de ne pas participer. Mais dans ce cas, qu’ils ne trompent pas le peuple rwandais qui se bat contre la tyrannie à l’origine de nos malheurs, pour l’équité et la justice. Ils ont le droit de rallier officiellement et publiquement le régime qui a commis ces crimes sans s’abriter derrière des prétextes fallacieux.

 

L’initiative des organisations de société civile des exilés rwandais aura finalement contribué à éclairer les Rwandais sur un point crucial : la vraie et la fausse opposition politiques. La vraie qui exige le changement radical des mœurs politiques et de gouvernance dans notre pays et la fausse qui rêve d’intégrer le système et de continuer la tyrannie contre le peuple et le pillage des ressources de la nation. Jusqu’à quand les Rwandais auront à tolérer les escrocs, imposteurs et opportunistes politicards, instruments déguisés du régime tyrannique et totalitaire qui martyrise notre peuple ?

 

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