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Février 2012

Début d’année tumultueux pour Kagame, souffrance indicible pour le peuple rwandais
L’année commence dans le brouillard pour le régime du Président Kagame. Il se passe toujours quelque chose dans sa concession – Rwanda Inc – mais c’est toujours dramatique ! Rien n’est simple dans ce pays. Le drame, le pathétique, le grotesque, tout y passe dans un beau cirque tapageur, à la fois, triste à pleurer, comique à mourir de rire, cynique à enrager le plus indifférent aux malheurs de ce monde. Ça provoque des débats houleux où la parole est noyée dans des cris et bruits haineux, ça déchaine les passions jusqu’aux confins de notre monde ; pendant un temps on s’en nourrit au quotidien jusqu’à la nausée ! Malheureusement, tout se passe au détriment du peuple rwandais, de ses aspirations profondes et légitimes à la vérité, à la dignité, à la liberté, à la justice et à l’équité. Quand est-ce qu’on arrête les frais ?
1° Affaire Marc Trévidic et Nathalie Poux, les juges français antiterroristes concernant le rapport d’expertise balistique sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana
Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu ? Vu la campagne organisée auprès des médias et des lobbies pro-Kagame, c’est sûr, ce rapport était très attendu par ceux qui l’ont commandité et qui lui ont assuré une si large publicité, c’est-à-dire le régime Kagame et la France.
Dès la publication de ce rapport, les médias français ont été les premiers à exulter, à fanfaronner partout la victoire du « tutsi Kagame » contre le « hutu Habyarimana ». L’enthousiasme a été si grand en France et à l’étranger qu’il a été compensé par un semblant d’indifférence au Rwanda : on n’en a presque pas parlé. Le Président Kagame a lui-même estimé qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’est même étonné que l’on puisse s’en réjouir car, dit-il « je n’attendais pas les juges français pour être blanchi ». Que c’était d’ailleurs contraire à l’idée qu’il se fait de la dignité et de la souveraineté du Rwanda et de l’Afrique !
Les bruits et fureur suscités par cette affaire dissipés, l’on reste tout de même avec quelques interrogations assourdissantes quant au professionnalisme, à la moralité et à l’éthique des médias français, en particulier et étrangers en général. Car voilà des gens qui ne savent rien du Rwanda profond qui s’improvisent connaisseurs et spécialistes et prennent des positions très nuisibles à la fragile unité de notre peuple. Sont-ils seulement incompétents, corrompus, achetés, vendus, militants et idéologues ou il y a aussi, à l’arrière fond, le mépris congénital qu’ils ont pour les africains, la condescendance colonialiste et impérialiste, le racisme pathologique, tellement pathologique qu’il est devenu « ordinaire », dans leur langage à eux, chez eux ? !
Cela dit, depuis que je me suis rendu compte de l’activisme impérialiste et colonialiste de ces mêmes médias dans d’autres conflits injustes – Iraq, Côte d’Ivoire, Libye – et comment ils poussent à la guerre sans arrêt contre la Syrie et l’Iran, rien ne m’étonne plus. De tout temps, ils ont épousé la cause de leur gouvernement et appuyé les méfaits de leurs entreprises, depuis les razzias des africains et leurs déportation en terre d’esclavage à notre époque néocoloniale. Maintenant la situation rwandaise et sa proximité avec le drame congolais est mieux compréhensible. Si les rwandais cherchent à connaître leurs adversaires véritables, ils devraient accorder une attention particulière aux médias occidentaux, portes-paroles des politiques et des visées de leurs gouvernements ainsi que de leurs multinationales prédatrices.
Nulle part ailleurs dans le monde, les médias occidentaux ne sont imbus de certitudes, ignorant complètement le doute élémentaire, que sur les terres d’Afrique. Ici, ils sont  catégoriques, irréfragables et inébranlables dans leurs déclarations. Que des militants et des idéologues puissent défendre leur idole contre toute logique, cela est recevable. C’est même louable et compréhensible. Ils font leur travail, après tout, et montrent ainsi leur courage et leur fidélité. Mais les médias ? N’est-il pas de leur devoir d’informer, d’éclairer et d’aider à faire la part des choses ? Depuis que je sais lire, lorsqu’un sujet, un débat…emporte l’unanimité des médias occidentaux, c’est qu’il recèle en lui un scandale monumental. C’est qu’ils couvrent l’inavouable !
S’agissant de la vérité justement, l’un des propos qui est revenu sans arrêt dans la bouche de ceux qui se sont réjouis du rapport balistique des experts mandatés par le juge Trévidic, c’est  « désormais, on va pouvoir poursuivre toute personne qui va remettre en cause les conclusions de ce rapport » ! Quelles conclusions ?
Le juge Trévidic a été mandaté pour contrer le rapport de son prédécesseur, le juge Bruguière. Saisi par les familles des victimes françaises tombées également dans l’avion du président Juvénal Habyarimana. Il convient de rappeler que c’est après cet attentat que le génocide a éclaté. Après enquête, le juge Bruguière avait conclu sur la responsabilité directe du FPR-Inkotanyi et des mandats d’arrêts avaient été immédiatement émis contre neufs des proches du président Kagame. Une demande de levée d’immunité à l’encontre de ce dernier avait été adressée aux Nations-Unies aux fins de pouvoir l’arrêter et le poursuivre également.
Cet évènement a mis très en colère le président Kagame qui a immédiatement répliqué en rompant unilatéralement les relations, déjà quasi inexistantes, avec la France. Dans la foulée, il a concocté une réponse à cette dernière, en faisant rédiger un rapport – le rapport Mucyo – qui incrimine la plupart des personnalités françaises aux affaires dans leur gouvernement en 1994 et peu avant. Sarkozy lui-même figurait dans la première mouture du dit rapport, selon certaines indiscrétions.
Avec l’arrivé de Sarkozy à la présidence française, il s’est posé la question de reprendre les relations franco-rwandaises, à la demande de M. Bernard Kouchner, grand ami du président Kagame selon ses propres dires, alors ministre des affaires étrangères dans le 1er gouvernement du président Sarkozy a piloté le processus. Dans ce climat de haine réciproque et d’accusations mutuelles, les tractations pour la restauration des relations diplomatiques entre les deux pays n’ont pas été sans faire des concessions importantes d’un côté comme de l’autre : le Rwanda devait accepter de rayer le président Sarkozy de la liste des personnalités françaises incriminées par le rapport Mucyo et la France reconsidérer sa position dans le rapport Bruguière ! L’on connait la suite : la mise en scène de l’arrestation de Mme Rose Kabuye pour accéder au dossier complet comme l’avouera M. Bernard Kouchner en personne, le rétablissement des relations diplomatiques, la visite de Sarkozy au Rwanda, en fanfare, la nomination du juge Marc Trévidiv, etc.
La mission du juge Marc Trévidic était donc de dire que l’avion du président Habyarimana n’a pas été abattu par le FPR-Inkotanyi, mais par les extrémistes Hutu comme le veut le régime de Kagame et contrairement aux conclusions du rapport Bruguière à l’origine du conflit diplomatique ouvert entre Kagame et la France. Un arrangement politique pure et simple comme le souligne un communique des FDU-Inkingi du 12 janvier 2012.
Si les pratiques du régime Kagame de vouloir contourner la justice ne surprennent pas, celles de la France de Sarkozy qui accepte de marcher dans cette combine, alors même qu’aucun tribunal français n’a remis en cause le travail du juge Bruguière sont consternants. Voir le président Sarkozy désavouer seul un juge de son pays, foulant ainsi l’indépendance de la justice de son pays, fait sérieusement penser que M. Sarkozy aurait été un très bon président d’une république bananière de la trempe de Kagame.
Malgré ce tripatouillage, le juge Trévidic n’a pas réussi complètement sa mission, puisqu’il n’a pas réussi à dire aussi précisément que ce sont les « extrémistes hutu », les propres militaires de Habyarimana qui ont descendu son avion. Le juge Trévidic s’est contenté des insinuations et des approximations pour appuyer un peu la thèse souhaitée par le régime Kagame et ses supporteurs, mais tout reste à démontrer. Le président Kagame l’a sûrement compris, puisqu’il a montré son insatisfaction, en feignant l’indifférence. Il sait que l’affaire n’est pas close et qu’il va falloir batailler dure pour espérer de noyer la vérité. Et c’est sans doute ce qui se cache derrière ce déploiement d’emballements obscènes dans les médias et les lobbies pro-FPR Inkotanyi, ces derniers jours : ça s’appelle la manipulation de l’opinion pour ceux-là qui maîtrisent si bien les fondements de la propagande fasciste : « mentez, mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». C’est donc un rapport fragile et circonstanciel qui ne peut survivre à la présidence de Sarkozy.
L’on ne peut d’ailleurs pas s’y tromper : dès la publication du rapport Trévidic, le propos qui est revenu sans arrêt, comme il vient d’être évoqué plus haut, dans la bouche des médias et des lobbies pro-FPR-INkotanyi était que désormais, plus personne ne va plus dire impunément que c’est le FPR-Inkotanyi qui a commis l’attentat. L’avocat du régime Kagame a même espéré voir la loi contre les « négationnistes » en France, étendue au cas du Rwanda. On le voit, c’est la course contre la montre pour étouffer toute expression différente ! Comme si réprimer le scepticisme, le doute, voir le refus et la négation consciente du discours officiel empêche les gens de se faire une opinion des choses et de croire ce qu’ils veulent croire.
Sous la contrainte et la tyrannie de la loi et du régime iniques, l’on peut dissimuler ses opinions et jouer le jeu pour satisfaire le tyran. Mais qui est le dindon de la farce dans ce cas ? Car, tôt ou tard la vérité triomphe. Comme le dit si bien un proverbe rwandais : « Ukuri guca mu ziko ntigushya ». La vérité passe à travers les flammes et ne se consume pas. Elle est implacable et incorruptible. Les lois qui sont destinées à protéger le mensonge n’y peuvent donc rien. Si elles peuvent protéger les criminels un temps, elles ne peuvent pas les protéger indéfiniment.
Revenons donc au rapport Trévidic : personnellement, elle ne m’a pas convaincu pour deux raisons simples :
·         Avant que l’affaire ne prenne des proportions judiciaires, ni le président Kagame ni aucun officiel du FPR-Inkotanyi n’ont formellement nié la responsabilité du FPR-Inkotanyi dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. Bien au contraire, ils semblaient exprimer une certaine fierté dans leurs propos, cherchant à justifier pourquoi l’avion du président Habyarimana devait être abattu. L’on nous a expliqué qu’il était une cible militaire. Que, pour Kagame, c’était une action préventive. Il devait donc agir pour ne pas succomber en premier.
·         Un grand nombre de proches de Kagame ou d’anciens membres du FPR-Inkotanyi  bien placés pour sentir l’odeur de la cuisine interne, ont témoigné avec force détails sur le rôle de Kagame lui-même dans l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Ils ont écrit des livres et signé leurs déclarations. Tous des mythomanes et des affabulateurs ? C’est un crime très grave d’accuser un chef d’état de terrorisme et des crimes odieux : pourquoi alors le gouvernement rwandais n’a jamais porté plainte contre ces gens dans leurs pays d’exil ? Pourquoi la justice rwandaise ne les a-t-elle pas elle-même incriminé quitte à lancer des mandats d’arrêt contre eux ?
A ces deux raisons de mon scepticisme, s’ajoutent trois questions qui méritent également des réponses :
Il a été dit et redit que Habyarimana en personne a « planifié le génocide contre les tutsi », depuis longtemps d’ailleurs – même si nous avons eu la surprise d’apprendre de la bouche de l’avocat du gouvernement rwandais que finalement, Habyarimana était un homme bon – c’est à peine s’il n’a pas dit qu’il était pro-FPR – un saint victime des plans diaboliques de ses proches. S’il est donc vrai que Habyarimana a planifié le génocide, cela s’entend qu’il a également planifié sa propre mort!
Sachant que l’attentat contre l’avion du président Habyarimana est l’élément déclencheur du génocide, pourquoi le gouvernement rwandais s’était toujours refusé de mener une enquête sur l’origine de la tragédie rwandaise, lui qui a arrêté le génocide des tutsi ! N’y-a-t-il pas anguille sous roche ?
Puisque l’on connaît la vérité depuis le début, à savoir que ce sont les militaires de Habyarimana qui ont descendu son avion, et ceci fut justement le signal du génocide, pourquoi l’acte d’attentat lui-même n’a-t-il jamais fait l’objet d’investigation ni du TPIR, ni de la justice rwandaise pour juge les commanditaires ? Etait-il vraiment inutile de connaître les auteurs de l’attentat, les planificateurs et les exécuteurs du génocide, dans la recherche de la vérité ?
Le rapport Trévidic ne répond pas à ces questions. La justice internationale les a escamotées. Le régime du FPR-Inkotanyi a tout fait pour qu’elles ne soient même pas évoquées. Quelle valeur peut-on donner alors à toutes les élucubrations des médias et des lobbies pro-FPR ? Aucune ! Mais la vérité étant ce qu’elle est, ils ont, à mon avis, exulté trop tôt. Rira bien qui rira le dernier. Les jours de larmes et de grincement de dents sont du lot réservé aux idolâtres de la tromperie, du mensonge et du cynisme.
2° Mise aux arrêts de quatre hauts gradés de l’armée du FPR-Inkotanyi
Doit-on en rire ou en pleurer ? S’agit-il d’une comédie ou d’une tragédie ? Tout se confond dans la concession Rwanda Inc. du président Kagame.
 
Le régime FPR-Inkotanyi est une créature monstrueuse dont ces officiers supérieurs sont membres et corps entier. Et comme tout le monde le sait, le monstre a ceci de caractéristique très particulier : il finit par s’auto-dévorer après avoir tout décimé jusqu’aux siens propres.
 
Je n’ai pas encore vu une seule opinion favorable à nos officiers déchus. Bien au contraire, maintenant qu’ils sont à terre, tout le monde foule aux pieds leurs corps. D’aucuns jurent secrètement dans leurs cœurs qu’ils iront chier sur leurs tombe s’ils meurent. C’est dire à quel point leur jugement dernier a commencé. L’on ne parle d’eux que pour les accuser des crimes abominables. Qu’est-ce qu’ils doivent se dirent maintenant, dans leur solitude ? Je les imagine se dire, s’ils ont encore la moindre conscience du bien et du mal : « un jour, il (le monstre) est allé dévaster le pays, les collines, les familles du Rwanda et je l’ai laissé faire. Je l’ai encouragé et j’ai même opéré sous ses ordres ! Un autre jour, il est allé dévorer un voisin, un collègue, une connaissance ! Je n’ai rien dit, j’en étais plutôt content, je lui ai fourni les renseignements nécessaires, je lui ai même prêté main forte ! Un autre jour encore, il s’en est pris à un parent, un ami, je le lui ai livré avec enthousiasme ! Et maintenant qu’il n’y a plus personne, il se retourne contre moi ! Qui viendra à mon secours ?
 
Après leur arrestation, les vuvuzelas du régime nous ont servi le discours ordinaire : ils ont été arrêtés pour cause d’indiscipline ! Encore plus précis, ils ont été arrêtés pour trafic illégal avec le Kongo. Moi personnellement, je n’y crois pas. Ce n’est pas ma faute si je n’y crois pas, le régime Kagame nous a habitués au mensonge ; il n’a jamais dit la vérité. De plus, le bien nommé « clan FPR-Inkotanyi » est une organisation de type mafieux dont la parole et l’action se couvrent toujours d’opacité et d’obscurité impénétrables.
Dès lors, c’est derrière cette obscurité, en se fondant sur les expériences du passé, qu’il faut essayer d’entrevoir les raisons de leur mise à l’arrêt : l’on assiste à un processus naturel commun à toutes les organisations politico-militaires de type mafia comme le FPR-Inkotanyi : la décomposition, le déchirement, l’implosion, l’explosion, l’autodissolution. C’est le seul danger inéluctable qui les guette en permanence. Dans ces organisations, toute dignité, toute promotion, toute place, tout avantage, toute aspiration…se gagne au forceps et la valeur d’un homme se mesure au tas de cadavres enjambés. De plus, en raison du pacte du crime qui les lie, ils détiennent des secrets lourds qui les lient entre eux. Or, à tout moment, il y en a qui estiment qu’ils sont mal récompensés par rapport à tel ou tel autre qui occupe telle ou telle place, qui jouit de tels ou tels avantages, alors qu’il a peut-être fourni moins d’efforts !  D’où les intrigues, les complots, les conspirations de tout genre, jusqu’à la chute de telle ou telle cible rivale en attendant sa propre déchéance ! Car le monstre est à jamais insatiable…il ne fait que déplacer ses appétits.
 
L’arrestation de nos officiers supérieurs n’est donc en rien une cause d’indiscipline. Car, indisciplinés, ils le sont depuis le début et de graves accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocide pèsent sur eux. Depuis qu’elles sont portées à leur encontre, le régime n’a jamais songé à les sanctionner. Bien au contraire, ils ont été défendus et même promus dans leurs fonctions et récompensés avec largesses. Ils ne sont pas victimes d’une divergence de vue sur la politique nationale. Ils sont et restent le corps et les membres du monstre de leur création, le FPR-Inkotanyi, mais ils sont victimes du problème de dividendes.
 
Car, dans un régime comme celui du FPR-Inkotanyi, légitimé par la force et la terreur, seuls ceux qui ont encore la puissance – politique, des réseaux, de l’appui du chef – cherchent à se réserver le meilleur morceau. Ils sont obligés de se disputer les dividendes comme des fauves les morceaux de charognes. En l’absence de démocratie et des lois qui vont avec, seul l’état sauvage dicte la conduite des dirigeants. Ce sont ces mêmes pratiques barbares internes au FPR-Inkotanyi qui sont imposées au peuple rwandais.
 
3° L’insupportable souffrance du peuple rwandais
A moins d’être un cynique pathologique, il n’est vraiment pas possible de ne pas se révolter lorsqu’on voit le sort réservés au peuple rwandais, pendant que le régime criminel se négocie un mensonge international et que ses associés se déchirent pour le contrôle des sources des revenus : les places, le commerce, etc.
La contrainte coercitive s’accentue davantage sur les populations pour les empêcher de cultiver les cultures vivrières, les spolier de leurs terres et les déloger de chez eux pour les installer dans ce qu’ils appellent des « imidugudu » (habitats groupés) sans aucune infrastructure de base, de quoi perpétrer un véritable génocide silencieux et perpétuel. Comment peut-on comprendre le but des décisions pareilles qui mettent la population en insécurité sociale, économique, alimentaire…sans aucune mesure d’accompagnement ? Cela n’existe nulle part sous le ciel que dans des états coloniaux, racistes et oppresseurs par nature et par vocation. Pourquoi donc Kagame et son FPR-Inkotanyi se conduisent de cette manière envers le peuple rwandais dont ils sont les enfants comme tout le monde ? De telles mesures ne peuvent germer que dans un esprit malade et pathologiquement criminel. Car l’on ne peut comprendre autrement, l’écart entre le discours extérieur du régime Kagame et ses pratiques concrètes dans son propre pays.
Le président Kagame ne manque aucune occasion pour parler de développement, de dignité, d’autosuffisance, de souveraineté politique et économique, de panafricanisme…pour fustiger l’occident auquel il va pourtant mendier l’aide et l’onction. Or, la politique qu’il mène au pays va radicalement à l’opposé de ce qu’il dit. Le Rwanda ne peut jamais satisfaire aux vœux pieux du président Kagame s’il ne laisse pas la liberté au peuple d’inventer, de prendre les initiatives, d’expérimenter et de tirer ses propres conclusion d’un labeur autonome, conscient et volontaire. Et aucun peuple ne peut en arriver là s’il est attaqué par les famines, vit dans la pauvreté planifiée et dans l’habitat insalubre. Peut-être M. Kagame ne s’en rend pas compte – ce qui est en soi un crime contre la nation et le peuple – mais toutes les lois qu’il a édictées, à ce jour, vont purement et simplement contre les intérêts, le bien-être et l’épanouissement de la nation rwandaise et du peuple rwandais. Pourquoi fait-il cela ? L’on ne peut pas comprendre qu’un chef d’état qui se dit élu à plus de 80% de la population édicte des lois aussi cyniques et tyranniques.
Si d’aucuns avaient encore un doute sur la véritable nature du régime rwandais, l’attitude du président Kagame et son FPR-Inkotanyi vis-à-vis des rwandais met en lumière sa véritable mission quand on voit le mépris et la haine qu’ils vouent à leur concitoyens.
Le président Paul Kagame et son FPR-Inkotanyi sont des créatures des puissances occultes impérialistes ; ils ont été installés au trône pour faciliter l’accès et le pillage de la région. Je ne dis pas qu’ils ne sont pas des rwandais. Mais l’histoire du peuple noir regorgent des traîtres qui se sont alliés à ces prédateurs, depuis les razzias des africains et leur déportation dans les terres d’esclavage jusqu’à notre époque néocoloniale. M. Kagame est de cette génération élevée au biberon des services des puissances étrangères qui déstabilisent le continent aux profits des multinationales de leurs pays. Connaissant leurs penchants pour la cruauté, leur soif du pouvoir et des honneurs, les gens comme Kagame sont vite repérés, encadrés et placés à la tête des pays transformés en protectorats sous la gouvernance des préfets indigènes. Ce n’est pas pour rien que les gens comme Kagame sont loués, récompensés – leurs maîtres savent qu’ils adorent ça et que c’est l’objet même de leurs aspirations – plus à l’étranger, par les étrangers que dans leurs pays, par leurs concitoyens.
Comme les irakiens, comme les ivoiriens, comme les libyens, les rwandais doivent comprendre qu’ils sont sous occupation des puissances impérialistes. Seulement, comme ces puissances agissent toujours derrière des complices indigènes assoiffés d’honneurs et d’accumulations de richesses, elles savent toujours repérer des traitres sans foi ni loi parmi nos propres frères, les appuient dans l’accomplissement de leurs ambitions et canalisent ainsi notre énergie, notre colère et notre lutte contre ces suppôts visibles, pendant qu’elles tirent les ficelles dans l’ombre et satisfont leurs propres intérêts à nos dépens.
Que faut-il alors faire devant ce cocktail de cruauté et de cynisme  impitoyable ? Mais toute chose a une fin. La prophétie n’assigne pas dans l’attentisme et la résignation. Elle nous apprend à être vigilants, de prendre conscience de l’inacceptable et de précipiter sa chute.

La tragi-comédie que joue la soi-disant justice internationale, le cirque des médias et des lobbies, les tartufferies entre gens repus, le cynisme et le calvaire imposés au peuple rwandais, sont autant d’ingrédients pour siffler la fin de la récréation.

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