POUR LA TENUE DES ETATS GENERAUX DE L’EDUCATION AU RWANDA

Moins de trois ans après avoir décidé d’imposer l’anglais comme langue unique d’enseignement à tous les niveaux, le régime Kagame vient de faire machine arrière en imposant l’enseignement en Kinyarwanda pour les écoles maternelles et les trois premières années de l’école primaire.

Cette décision, prise en conseil des ministre la semaine dernière et qui intervient à quelques semaines d’une « visite d’affaires » très controversée du dictateur rwandais en France en mars prochain, procède de la même logique politicienne. En effet, elle prévoit que « l’anglais et le français seront enseignées comme matières » sans qu’on sache si ces langues étrangères seraient placées au même pied d’égalité ou pas et dans ce dernier cas selon quels critères.

Faisant semblant de découvrir une recommandation de l’UNESCO selon laquelle « les enfants en bas âge apprennent mieux lorsque l’enseignement est dispensé dans leur langue maternelle », le régime de l’autocrate Kagame démontre que sa décision antérieure était basée non pas sur des principes et les bonnes pratiques en matière d’enseignement, mais sur des considérations politiciennes, notamment en représailles contre la publication de mandats d’arrêt contre neuf de ses collaborateurs militaires en France pour leur rôle présumé dans l’attentat contre l’avion présidentiel qui a déclenché le génocide de 1994.

Ces louvoiements du régime donnent le tournis aux enfants rwandais et à leurs enseignants et déstabilisent constamment et durablement le pays alors que sa position géographique, son histoire et sa richesse culturelle en font un pont naturel entre l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone.

Ainsi, alors même que les enseignants du primaire ne satisfaisant pas aux attentes du régime en matière de compétences en anglais avaient été licenciés et remplacés par des enseignants étrangers, on se demande comment ces derniers vont enseigner dans une langue qu’ils ignorent ou si ces enseignants rwandais licenciés vont être réintégrés.

De plus, cette mesure qui « prend effet immédiatement » va également désorienter les enfants puisqu’ils étaient soumis à un enseignement en anglais depuis trois ans.

Il y a d’autres dysfonctionnements majeurs dans l’enseignement au Rwanda. La discrimination règne à tous les niveaux, surtout au niveau supérieur. Les bourses d’études ont été récemment supprimées rendant la vie infernale à la majorité des 61.000 étudiants que compterait le pays. Le passage de l’éducation de base à neuf ans a été imposé bureaucratiquement, sans préparation adéquate, notamment en matière de classes, d’enseignants, de matériel didactique et d’équipements notamment en laboratoires pour les sciences. A ce train de vitesse, le système éducatif rwandais va à une mort certaine.

Le choix du type d’éducation à donner à ses enfants est un droit naturel de chaque parent qu’aucun Etat ne peut confisquer.

C’est pourquoi les FDU-INKINGI sont pour la tenue des états généraux de l’éducation pour permettre aux Rwandais de discuter et de parvenir à des options viables et durables. Ces états généraux réuniraient toutes les parties concernées, notamment les élèves, les étudiants, les parents, les professionnels de l’enseignement, les scientifiques, les acteurs gouvernementaux, le secteur privé ainsi que les partenaires étrangers afin de doter le pays d’un système stable et performant répondant à ses besoins et non aux calculs machiavéliques d’un régime autocratique désormais aux abois.

De tels états généraux ne sauraient se tenir que si le pays est libéré du joug du régime autocratique en place. C’est pourquoi les FDU-INKINGI appellent le peuple rwandais dans toutes ses composantes à se mobiliser pour prendre en mains son destin.

Fait à Bruxelles, le 16 février 2011

Eugène NDAHAYO
1er Vice-Président

 

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